Running Song

Type de performance: 
action sonore
Description: 
Performance réalisée en 5 étapes d'une durée de 4 minutes environ chacune tout au long de l'après-midi dans différents lieux de la Villa Arson.

étape 1: 14h45 (Jardin / kiosque) étape 2: 16h15 (Escalier / accès Grand amphi) étape 3: 17h15 (Jardin, table carrée) étape 4: 19h45 (Grand hall) étape 5: 21h15 (Terrasse supérieure)
Etape 1 : 14h45 (Jardin / kiosque)
Une sorte de danseuse de cabaret effectue un numéro de ventriloquie avec une petite marionnette sur la chanson Rossignol amoureux de Leïla Ben Sedira.
Son look : une mini robe au ras des fesses, marron et jaune, motif hawaïen, des talons rouges, une veste rouge à motif antique, un chignon tiré haut sur le crâne.
La marionnette : poilue, rose, c'est un oiseau.
L'action en détail : elle arrive avec un jukebox à roulettes (celui typique des chanteurs de métro), regarde un petit moment le public, sort la marionnette de la poche de sa veste, envoie la musique. La marionnette ouvre le bec et vole en suivant les rythme et les intonations de la musique, comme si c'était elle qui chantait. Le bras de la performeuse est donc très alerte alors que le reste du corps reste souple mais relativement immobile. À la fin de la chanson qui dure 3 minutes, la marionnette salue, la performeuse la retire de sa main, la retourne comme un gant et s'en sert comme récipient pour réclamer une petite pièce en passant entre les rangs des spectateurs. Elle récupère le juke box, traverse le jardin puis sort de la Villa Arson par la porte d'entrée.

Etape 2 : 16h15 (Escalier / accès Grand amphi)
Une jeune fille interprète en boucle l'Hymne à la joie à la flûte à bec.
Son look : une robe longue à fleurs bucolique, des souliers blancs, une demi-queue tressée.
Les accessoires : un pupitre, une partition, une flûte à bec, un tapis de revente de singles enregistrés à la maison.
L'action en détail : le spectateur, forcé de passer par l'escalier se retrouve nez à nez avec cette jeune femme qui les fixe avec un sourire béat. Elle a les sourcils fournis et du rouge à lèvre sur le bec de la flûte. Il y a une faute de frappe sur la pochette du disque, on peut lire « hymen à la joie » au lieu de « hymne à la joie ». Elle ne s'arrêtera que lorsqu'il n'y aura presque plus personne. Elle fera un salut, contente d'elle-même, et repartira par l'escalier du bas.

Etape 3 : 17h15 (Jardin, table carrée)
Une femme originaire de l'est chante une chanson inventée pour mendier « bonjour monsieur, bonjour madame / je suis de la Roumanie / pas possible de travailler / s'il vous plait, s'il plait / un petit ticket / pour manger ». Puis elle dansera sur la chanson « bouger bouger » de Magic System.
Son look : un bombers bleu brillant, une jupe en viscose, des talons dorés, un ventre de femme enceinte.
L'action en détail : elle arrive et repart par la porte d'entrée de la Villa Arson. Pour la partie chantée, elle est debout près de la table carrée, pour la partie dansée, elle monte sur la table. Le public est assis sur la table et un peu partout dans le jardin. Pour la partie mendicité (avec un petit porte-monnaie en plastique avec un drapeau anglais dessus), elle laisse la chanson de Magic System continuer et passe entre les spectateurs, murmurant de furtifs « merci ».

Etape 4 : 19h45 (Grand hall)
Installée au milieu du demi-étage du grand escalier, une femme aveugle toute de noire vêtue interprète L'Aigle noir de Barbara en karaoké.
Son look : une jupe longue en cuir, une chemise en dentelle noire, des grosses sandales noires, des lunettes noires.
Les accessoires : un bol, la piste karaoké de la chanson.
L'action en détail : Elle est installée dans un carré de lumière. Seule sur ce demi-étage et le public en bas ou sur les côtés, on se croirait au Stade de France. Le corps restera parfaitement immobile, la tête se tournera un peu vers le ciel dans les moments musicaux intenses. Elle est déjà là lorsque le public arrive, quelqu'un [Elodie Fradet, NDLR] l'aidera à partir à la fin de sa prestation. La voix est grave et gutturale.

Etape 5 : 21h15 (Terrasse supérieure)
Une femme arrive avec le jukebox roulant et une enfant dans les bras [Capucine, enfant "prêtée" par sa maman le temps de la chanson, NDLR]. Elle chante a cappella La Femme est l'avenir de l'homme de Jean Ferrat.
Son look : une robe longue jaune moutarde, des sabots dorés en plastique.
L'action en détail : le public est déjà en place sur la terrasse. La femme arrive avec l'enfant dans les bras. Pendant la chanson, qui est interprété comme une berceuse, l'enfant pleurera un peu puis se calmera. En trois minutes, la nuit est tombée de plus en plus. La voix est aigüe, placée dans le ventre, le souffle est relativement court. À la fin de la chanson, la femme passe entre les spectateur en mendiant avec la main, puis repart par le côté inverse du sens du public.

Le public reste passif, sauf pour la partie « mendicité » de chaque étape, il a la liberté de donner ou pas (et donc d'une certaine façon, de rentrer ou non en interaction avec moi).
Concepteur: 
Jeanne Moynot
Executant: 
Jeanne Moynot
Elodie Fradet
Temoin: 
Eric Mangion
Florimond Dupont
Sources bibliographiques: 
Art 21, numéro 31, été 2011, page 77.
Contexte théorique: 
Le public se déplace dans la Villa Arson entre les différents lieux d'intervention (le hall, l'amphithéâtre, les studios...). Dans la journée du samedi, il est intercepté dans ses déplacements à cinq reprises par une performeuse qui interprète cinq chanteuses de rue et mendie à la fin de chaque prestation.
Il n'y a pas plus intime que la voix.
Le mélomane qui confond toutes les surfaces planes avec un tam-tam, les premières paroles d'une chanson qui commence trop tôt, le fan de Johnny qui lui rend un hommage sincère mais au karaoké... Tous ces éléments para-musicaux constituent la banque de données à l'origine de mes performances.
À l'embouchure de l'escalator du métro surgit le saltimbanque. Nécessité de survie, recherche de reconnaissance, la seule certitude est qu'il a sauté le pas et qu'il s'offre nu à notre regard. La voix et le corps, éventuellement un instrument ou un accompagnement musical, parfois un accessoire : l'économie de moyens décuple l'impact dramatique. La théâtralité, cette épaisseur de signes et de sensations qui s'édifient sur la scène, est immanquablement présente dans un espace de quelques mètres carrés instinctivement délimité.
Le sentiment à l'origine de mes performances est celui de l'empathie, projection faite dans le corps de l'autre au regard non pas de l'entendement mais de son propre sentiment.

Il n'y a pas de champ plus codifié par les lieux communs que celui de la maternité. Ici le corps de la femme est envisagé comme une entité ouverte et non comme une entité menacée. Ainsi, elle enveloppe, englobe, devient matrice originelle, explosant les barrières de moi intime pour aller vers l'universel et le vivre-ensemble.
Effectuations: 
Lieux: 
Date de début: 
21 05 2011
2011/05/21-21:304 minutes
Topologie: 
Structure: 
Contexte: 
lors de l'événement Sitôt Dit, week-end de clôture des expositions Poésie Action de Bernard Heidsieck et Collection (17 février 2011) de l'Encyclopédie de la Parole.
Adresse: 
20, avenue Stephen Liégeard
Nice
France
Objets: 
Documents: