La Morbide/dee/sse

Série: 
L'habitée
Description: 
LABORATOIRE D’ANALYSES MEDICALES
L’acte se voudra ici, épure, dénudement et renverra au CORPS premier, fonctionnel, mécanique. Le corps chair, le corps malade, le corps mort. Aucun hasard encore, face à cette proposition artistique, qui fusionne avec un passage douloureux de la maladie et du décès de mon propre père en Décembre de cette même année. L’action artistique travaille toujours en écho avec la vie réelle. Un corps malade est un corps qui attend, qui se repose. Dépendant et spectateur de la vie des autres.

INTENTION
MORT/ TABLEAU/ VIDEO/ PHOTO/ PEINTURE/ MODELE
Dans cette approche du corps, dans cette perspective, une vidéo de la série des « HABITEE » avait été tournée dans l’appartement de Montreuil, dernière demeure. Le corps y joue d’une ambiguïté, celle d’une image fixe enregistrée sur trente trois respirations. Le chiffre trente trois étant demandé parfois chez les docteurs. Cette figure figée et nue, dérange. Regarder quelque chose où il ne se passe presque rien. Choix du médium ? Pourquoi filmer ce qui ne bouge pas ? Pourquoi pas une photo ? Seule la respiration atteste de la vie du corps. Le corps est allongé. Il ressemble à un tableau. Ce sont des poses de modèle. Il est comme « tombé » au sol, mais avec grâce, dans différents pièces de l’appartement. Le salon, la chambre, le couloir, la cuisine, le WC, la salle de bain, l’entrée…
De cette image filmique d’un corps qui ne bouge pas, de cette image comme une photo, de cette image comme un tableau, de cette image comme ces cadavres de la morgue, il fallait glisser encore. Déplacer dans l’action réelle cette transposition.

Le dictionnaire dit de la « morbidesse » qu’elle est la délicatesse de la touche dans la peinture

LIEU
Il y a la salle d’attente avec sa table et ses catalogues, ses chaises pliables en cuir noir, son porte parapluie. Il y a ma vidéo de « L’HABITEE » qui passe sur quarante cinq minutes. En boucle. Il y a les fenêtres qui sont couvertes par endroit de mes radios. Il y a une cheminée. Il y a des objets d’art exposés sur les murs, la cheminée…. un peu partout. Le sol est libre. Un parquet(?). On accède à la salle par une grande entrée qui fait porche. Avant dans le hall, il y a des courants d’air, du béton et les bruits de la rue qui entrent.

ACTION
LA SALLE D’ATTENTE
Noir et titres.
Je suis nue et enroulée dans un tissu noir et léger, spécial doublure. Je suis debout, j’attends, je commencerai quand je voudrai. Il faudra que quelques personnes soient là, déjà en train de regarder l’expo. Il doit être 19h30 passées, peut-être. Voilà je bouge, je me déplace lentement, j’entre dans la salle d’attente et d’exposition. Gestes lents. Je fais tomber le tissu à mes pieds. Je dépose au sol un premier titre, lettre à lettre. Carton découpé argent. TITRE I « ELISABETH MORCELLET ». Puis je me fige, debout, les pieds sur cette « coquille » de tissu noir….Venus sortant de nulle part. Plusieurs lettres déposées au sol qui vont former : « 13 JUIN 2002 ». « LA MORBI/DE/DEESSE ». « MORBIDESSE DELICATESSE » « HABITER DEMEURER » « 33 INSPIRS EXPIRS ». Se taire. Écrire et se figer. Poser sobrement debout, les pieds arrimés au noir.
Au dernier titre, les poses allongées commenceront.
Les visiteurs entrent dynamiques, un verre de vin à la main. Des enfants accompagnent leurs parents. La dame est nue. Bien. Beau. Inattendu. Ca passe. Je suis au milieu des pieds. J’entends les talons qui menacent ma chair. Corps fragile. On m’évite. On me voit à peine. Corps tombé. Il y a ce mouvement de foule. Surprise. Gêne. Arrêt. Des îlots me contournent, me regardent. Ils se taisent, ils attendent quelque chose. Leurs présences. Chaleur des corps. Sueur. Haleine. Alcool. Certains s’assoient. Vent frais du dehors charrié par les habits. Parfums. Fumées. Je suis immergée, figée, gelée au milieu d’eux. Ils bougent. Dans mon apparence passive, je vis et respire à cent à l’heure. Au repos, à l’écoute. En ébullition. Peinture criarde et crue. Couleur peau. Percevez-vous ? Dedans. Dehors. Yeux fermés, ouverts. Force du rien. Rien faire. Puissance de l’inertie : chaque espace sera pris, conquis, senti, respiré. Ses résonnances, ses odeurs, ses poussières, ses lumières….
Le tissu couvre parfois quelques parties du corps. Au dessus, au dessous.
Quand le corps se déplace, c’est avec lenteur. Chorégraphie au ralenti. Il s’éveille, se remet en mouvement. La déesse endormie attend-elle le baiser d’un prince ? L’enfant a reconnu. Et je quitte la pièce. Par une autre porte. Out. Une première fin. Or et radios. Un temps passe. Je reviens. In. Même porte. Je suis enroulée dans cette couverture de survie, or et argent. Déchirée, recollée, bouts reconstitués, toute chiffonnée. Depuis 1987, j’utilise cet accessoire : écran, miroir, éblouissement, reflet et protection. Il m’enveloppe, me protège. Il sert à sauver des vies au bord du gouffre. Tombée parterre. Dans le coma. Après un malaise. Ranimer. Vite. Réchauffer avant que la mort… J’utiliserai les radios placées sur mon corps à l’endroit concerné. Poses et fixité dans le mouvement des visiteurs. Au cœur de l’espace. Encore ce tour du corps et puis s’en va. La même porte. Out.

LE HALL
Réapparaitre ensuite dans l’entrée sombre du hall. Une vidéo est projetée au mur directement. Se glisser comme une ombre dans le brillant doré de la couverture. Longer les murs. Se hisser sur la pointe des pieds. Lieu entre le dedans et le dehors. Air frais. Ils rentrent, ils sortent, ils s’agitent. Je veille. Je contournerai la pièce, debout, pas à pas avec délicatesse et froideur. Ils me surprendront. Ils partiront. Boucle sera bientôt achevée. Passer sous l’arche de la salle pour une dernière traversée. Je marche. Stèle rigide, droite, qui avance vers la sortie. Et ce sera fini pour moi. Corps épuisé. Envie d’habits, de mots. On n’applaudit pas à ce qui ne commence ni ne se finit. C’est bien. C’est autre chose. L’art, l’action est une recherche existentielle qui chercherait à confronter le vivant. En quête d’expérience unique. Attitude intime qui plonge dans le regard de l’autre. Jouissance. …
Elisabeth Morcellet | photographie de la performance "La Morbide/dee/sse", 2002 | © Elisabeth Morcellet - ADAGP, Paris 2012 | photographie : © Yves Hayat | courtesy de l'artiste
Elisabeth Morcellet | photographie de la performance "La Morbide/dee/sse", 2002 | © Elisabeth Morcellet - ADAGP, Paris 2012 | photographie : © Yves Hayat | courtesy de l'artiste
Elisabeth Morcellet | photographie de la performance "La Morbide/dee/sse", 2002 | © Elisabeth Morcellet - ADAGP, Paris 2012 | photographie : © Yves Hayat | courtesy de l'artiste
Elisabeth Morcellet | photographie de la performance "La Morbide/dee/sse", 2002 | © Elisabeth Morcellet - ADAGP, Paris 2012 | photographie : © Yves Hayat | courtesy de l'artiste
Elisabeth Morcellet | photographie de la performance "La Morbide/dee/sse", 2002 | © Elisabeth Morcellet - ADAGP, Paris 2012 | photographie : © Yves Hayat | courtesy de l'artiste
Elisabeth Morcellet | photographie de la performance "La Morbide/dee/sse", 2002 | © Elisabeth Morcellet - ADAGP, Paris 2012 | photographie : © Yves Hayat | courtesy de l'artiste
Elisabeth Morcellet | photographie de la performance "La Morbide/dee/sse", 2002 | © Elisabeth Morcellet - ADAGP, Paris 2012 | photographie : © Yves Hayat | courtesy de l'artiste
Elisabeth Morcellet | photographie de la performance "La Morbide/dee/sse", 2002 | © Elisabeth Morcellet - ADAGP, Paris 2012 | photographie : © Yves Hayat | courtesy de l'artiste
Elisabeth Morcellet | photographie de la performance "La Morbide/dee/sse", 2002 | © Elisabeth Morcellet - ADAGP, Paris 2012 | photographie : © Yves Hayat | courtesy de l'artiste
Concepteur: 
Elisabeth Morcellet
Executant: 
Elisabeth Morcellet
Organisateur: 
Simone Dibo-Cohen
Contexte théorique: 
CONTEXTE
EXPOSITION / VERNISSAGE. Toute la soirée, la nuit, implique un éclatement avec ses galeries, ses espaces, ses artistes et ses évènements multiples. La programmation joue de la surconsommation culturelle, de la distraction et de la fusion des genres. Explosion. Énergie. Variété. Mouvement. La performance donne lieu à sa version anglaise. Toutes les inspirations scéniques: théâtre de rue, danse, jeu d’acteur, déguisement... attractions diverses sont conviées. Il faut attirer, briller, marquer, se démarquer. Dans ce principe de « circulation », ma présence sera déambulatoire mais elle s’inscrira dans la durée, la pérennité, l’arrêt. Une pause.
Effectuations: 
Lieux: 
Date de début: 
13 06 2002
45 minutes
Topologie: 
Contexte: 
pour la NUIT DES GALERIES. Au vernissage de la Galerie Art’7 pour l’exposition collective dans le premier des sept « Hors-Lieux ».
Adresse: 
6 rue du Congrès
Nice
France

Ceci était notre corps

90 minutes
Synopsis / Description: 
Bande son originale de 2 fois 45 mn passée pendant action et exposition.
Enregistrement de la voix d'Elisabeth Morcellet avec textes personnels, prières, silences...
cassette audioMORCEL
Notes: 
en cours de numérisation (avril 2012)
Objets: 
Documents: 

« ART D’AZUR » Supplément Hebdomadaire « Le petit niçois »30 Mai 2002… « LA NUIT DES GALERIES » (page couverture et dernière) avec 3 grandes photos et 3 portraits + article. Version galeriste sans trop de précisions sur œuvres présentées

Type: 
Presse
Technique description référence: 
« ART D’AZUR » Supplément Hebdomadaire « Le petit niçois »30 Mai 2002… « LA NUIT DES GALERIES » (page couverture et dernière) avec 3 grandes photos et 3 portraits + article. Version galeriste sans trop de précisions sur œuvres présentées
MORCEL

RECHERCHE PREPARATOIRE (textes tapés)<br /> a. « HISTOIRE VISUELLE MEDICALE DE E. » Liste images radiologiques (14 radios en 26 ans)<br /> b. Manuscrit : DICTIONNAIRE définition « Habiter » « Morbide » « Déesse » « Morbidesse » et rec...

Type: 
Manuscrit
Technique description référence: 
RECHERCHE PREPARATOIRE (textes tapés)<br /> a. « HISTOIRE VISUELLE MEDICALE DE E. » Liste images radiologiques (14 radios en 26 ans)<br /> b. Manuscrit : DICTIONNAIRE définition « Habiter » « Morbide » « Déesse » « Morbidesse » et recherche titre. Pour les Habitées c. Copie partie PLAN de Nice (1 page)<br /> d. PLANS (1 page) dessiné pour le premier espace proposé chez le DOCTEUR ARNAULT G. avec indications ambiances couleur : cabinet, bureau, salle d’attente, couloir entrée et petit salon.<br /> e. DESSIN corps en pied linéaire, « ELISABETH MORCELET années radiologiques » 1975….2001 avec cadrage et dates localisant les zones traitées ( + copies)<br /> f. « HISTOIRE MEDICALE » Elisabeth Morcellet (1 page) avec interventions...<br /> g.« CECI ETAIT NOTRE CORPS » TEXTE ENREGISTRE de 7 pages avec paragraphes : Je tu il elle nous vous ils elles ; Objectif médical ; L’Art de la boucherie ; Corps sain ; Salle d’attente ;Une couche ; Long temps ; Ma chambre ; La lumière ; Une patiente ; Notre père qui allait aux cieux : Fin. Ce texte sera enregistrée sur une K7 SON et diffusée pendant toute la durée de l’expo et de la performance avec un additif improvisé a la fin. Avec prières.<br /> h.6 PLANCHES COULEURS MEDICALES. ANATOMIE HUMAINE
MORCEL

PROJET FINAL LABO JANTON textes manuscrits<br /> a. 7 NON LIEUX ACTION DALLE D’ATTENTE et HALL. Timing en quatre parties. 45 mn prévues (1 page)<br /> b. ACTION prévue avec CROQUIS. PLAN. Numérotations actions. Emplacement radios. (1 page)<br />...

Type: 
Manuscrit
Technique description référence: 
PROJET FINAL LABO JANTON textes manuscrits<br /> a. 7 NON LIEUX ACTION DALLE D’ATTENTE et HALL. Timing en quatre parties. 45 mn prévues (1 page)<br /> b. ACTION prévue avec CROQUIS. PLAN. Numérotations actions. Emplacement radios. (1 page)<br /> c. ACCESSOIRES ACTION/INSTALLATION (1 page)<br /> d. DIAPORAMA VIDEO (diapos non utilisées finalement)<br /> e. CARTON ACTION TIMING MEMO : accessoires/ radios/ Plans et mouvements prévus
MORCEL